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En cette fin d’année 2020, les experts du Think Tank de la Philanthropie se sont réunis le 14 décembre, autour d’un petit-déjeuner d’échange à distance.

À cette occasion, le Think Tank accueillait Charles Le Gac, Président de Solifap et Caroline Germain, déléguée générale de l’ADASI, pour échanger sur le thème « Fonds d’investissement à impact : exemples d’hybridation de modèles au service de l’intérêt général ».

Solifap est une société d’investissements solidaires née en 2014 de la rencontre entre la fondation Abbé Pierre et le groupe AG2R la Mondiale. Son rôle est d’apporter les investissements nécessaires au renforcement et au financement des acteurs de la lutte contre le mal-logement.

Cette société d’investissement s’inscrit comme un outil complémentaire de la fondation, du point de vue du modèle économique : Solifap rassemble de l’épargne solidaire de particuliers et des grands investisseurs du secteur de la finance solidaire, là où la fondation collecte du don. Et Solifap accompagne ses partenaires d’un bout à l’autre de la chaine, dans une hybridation de leurs ressources, notamment en leur permettant d’être moins dépendants de subventions publiques.

L’ADASI est l’association de développement de l’accompagnement à la stratégie des projets d’intérêt général. Elle a été cofondée par le Mouvement Associatif, l’Avise, Syntec Conseil et le RAMEAU, dans l’objectif de développer des solutions de conseils en stratégie dédiées au monde associatif. Elle travaille avec des fondations et des acteurs publics qui se questionnent sur les nouvelles possibilités pour compléter leurs logiques de subventions et de dons, et tendre vers des logiques d’investissements. Ce sont pour la plupart des financeurs dotés d’une forte capacité de prise de risque, grâce à une sécurisation portée par le don.

La complexité des réflexions liées à l’hybridation d’un modèle est renforcée par une réalité du secteur de notre pays : en France, il existe des projets ayant des modèles socio-économiques dit d’intérêt général, et d’autres dit d’utilité sociale.

Comment qualifier un projet qui aujourd’hui a un modèle économique d’intérêt général, pour devenir un projet pouvant potentiellement recevoir un investissement ? Comment l’accompagner dans un parcours multi-expertises pour qu’il trouve son modèle de déploiement et in fine son modèle socio-économique ?

Certains projets ont trouvé leur modèle économique d’abord grâce à un investissement d’intérêt général, avant de trouver leur équilibre économique pour une utilité sociale. Pour l’ADASI, c’est dans ce cheminement que l’investisseur philanthropique trouve du sens à son soutien.

Quelle frontière entre investissement solidaire et philanthropie ? Quel rôle à jouer pour les fondations abritantes afin de contribuer au développement de ces modèles ? Quel positionnement des pouvoirs publics ?

Les experts observent depuis quelques temps un intérêt croissant pour ces nouvelles logiques de financement solidaires et croient en un réel tournant du secteur. Toutefois, en France, la culture de l’investissement reste timide pour beaucoup d’acteurs du secteur, et des innovations techniques et juridiques seront nécessaires pour y remédier. Le rôle des prescripteurs reste essentiel dans l’émergence de l’hybridation de ces modèles au service de l’intérêt général.